Article de blogue
Aujourd’hui marque la Journée internationale de la sage-femme, une journée de célébration et de sensibilisation à la profession de sage-femme. Le thème pour 2025 est : « Sages-femmes : indispensables dans chaque crise ». Partout dans le monde et depuis le commencement des communautés humaines, des personnes aspirent à offrir leur soutien et des soins aux personnes enceintes. Dans le cadre de cette journée de reconnaissance, l’Administration des services de santé et des services sociaux des Territoires du Nord-Ouest (ASTNO) est fière de mettre en lumière nos sages-femmes dévouées, et toutes celles qui contribuent à améliorer les collectivités qu’elles servent.
Janette Batacharya, Fort Smith
Originaire de l’Ontario, Janette travaille comme sage-femme autorisée au Canada depuis 2002 et soutient les familles des Territoires du Nord-Ouest (TNO) depuis qu’elle s’est établie ici en 2017. Aujourd’hui installée à Fort Smith, Mme Batacharya a déjà soutenu des familles et des collectivités au Nunavik et en Alberta.
Elle a découvert la profession quand une sage-femme s’est occupée d’elle et de sa famille lors de sa première grossesse en 1994-1995. À l’origine, elle souhaitait poursuivre une carrière dans la médecine, mais elle s’est orientée vers la profession après avoir reçu des soins en tant que cliente. Mme Batacharya était particulièrement motivée par le fait que ses sages-femmes étaient des femmes de couleur, un groupe souvent sous-représenté dans ce domaine et dans d’autres secteurs des soins de santé.
Dans son rôle, elle éprouve un grand sentiment d’accomplissement en aidant les familles à gérer les changements liés à la grossesse et à la vie de parent, et en ayant un effet positif sur les familles et les collectivités qu’elle accompagne. Elle aime également être un modèle positif et une mentore pour d’autres personnes autochtones, noires et de couleur intéressées par une carrière dans ce domaine, et soutient activement l’autodétermination des peuples qui ont subi le colonialisme.
Mme Batacharya reconnaît que son équipe travaille dur pour la soutenir dans son travail quotidien et l’aider à surmonter les difficultés. Reconnaissant la valeur que les sages-femmes apportent aux familles et aux collectivités, elle souhaite que les services soient étendus à un plus grand nombre de collectivités du Nord et de communautés autochtones.
Mme Batacharya dit qu’elle aime vivre aux TNO, où la beauté des paysages et des habitants l’enchante, et où elle peut continuellement acquérir de nouvelles compétences et accéder à des occasions de perfectionnement professionnel. En dehors de son travail, elle aime participer à des événements autochtones traditionnels avec ses fils, danser au soleil, être en plein air, rester active, voyager et lire.
Eunice Tagboto, Fort Smith
Mme Tagboto a grandi au Ghana, où elle a travaillé dans une maison maternelle appartenant à sa tante qui était sage-femme autorisée. Elle attribue à l’enthousiasme, à la passion et à l’esprit collaboratif de sa tante le mérite de l’avoir incitée à rejoindre elle-même la profession.
Après avoir obtenu son diplôme d’infirmière autorisée, Mme Tagboto s’est installée au Royaume-Uni où elle a poursuivi son travail. Elle a ensuite obtenu les qualifications requises et a travaillé comme sage-femme autorisée avant de s’installer en Nouvelle-Écosse en 2010, puis aux TNO en 2022. Aujourd’hui installée à Fort Smith, Mme Tagboto offre des services de sages-femmes à sa clientèle aux côtés d’une équipe enthousiaste et dévouée.
Dans son rôle, elle se sent privilégiée de prodiguer des soins et d’aider à donner naissance. Elle est particulièrement attachée à la collectivité soudée de Fort Smith, à son riche patrimoine culturel et à ses liens avec les peuples autochtones de la région. « C’est un lieu propice à la découverte de beautés naturelles comme les aurores boréales, les bisons et les forêts à perte de vue », a-t-elle souligné.
En dehors de son travail, Mme Tagboto s’adonne au perlage, à l’artisanat du sucre, à la couture et à la fabrication de cartes. Elle se dit reconnaissante des occasions qui lui sont offertes aux TNO, notamment la formation continue, le perfectionnement professionnel et la collaboration avec les professionnels de la santé de toute la région.
Heather Heinrichs, Opérations territoriales
Mme Heather Heinrichs, sage-femme autorisée et Métisse de Red River dont la famille est du Manitoba, était âgée de neuf ans lorsqu’elle a lu le roman The Midwife’s Apprentice (L’apprentie sage-femme). Dans cette histoire, une jeune orpheline sans abri obtient du travail et trouve sa place dans le monde en rendant service à une mentore sage-femme et à des familles accueillant un bébé. Mme Heinrichs a de très bons souvenirs d’enfance des jeux de rôle auxquels elle jouait avec ses amies, et qui mettaient souvent en scène des grossesses et des accouchements. Bien que le livre l’ait clairement inspirée, elle a compris, enfant, que la profession de sage-femme appartenait au passé, et il ne lui est pas venu à l’esprit d’en faire une carrière.
Après avoir terminé ses études secondaires dans sa province natale du Manitoba, Mme Heinrichs a décidé de voyager tout en occupant divers emplois et en faisant du bénévolat au service de la communauté. Au cours de ses voyages, elle a appris que l’intérêt se renouvelait pour la profession de sage-femme au Canada et qu’elle pourrait en faire sa carrière. Les connaissances de Mme Heinrichs sur les répercussions des politiques d’évacuation sanitaire pour l’accouchement sur sa propre collectivité et sur d’autres collectivités autochtones ont nourri son désir de devenir sage-femme et de participer à l’important travail consistant à aider les personnes à accoucher là où elles habitent. Elle a ainsi choisi de s’inscrire au programme de sage-femme de l’Université Laurentienne en raison de son caractère triculturel (autochtone, francophone et anglophone), et de son orientation vers les collectivités rurales et éloignées. Au cours de la dernière des quatre années de son programme de baccalauréat en sciences de la santé, elle a eu l’occasion de travailler avec Seventh Generation Midwives Toronto, un groupe de sages-femmes dont l’objectif est de fournir des soins culturellement adaptés aux familles autochtones urbaines. Elle n’avait jamais eu l’intention de rester aussi longtemps dans la ville de Toronto, mais la chance de travailler avec ces sages-femmes et de contribuer plus tard à la création du Toronto Birth Centre l’a convaincue de demeurer dans la métropole de sa dernière année d’études jusqu’en 2014. Lorsqu’elle a finalement dit adieu à sa vie au centre-ville de Toronto, elle s’est rendue à Hay River, aux Territoires du Nord-Ouest (TNO).
Mme Heinrichs a été l’une des deux sages-femmes ayant travaillé à la création du service de sages-femmes à Hay River. Il n’y avait pas eu d’accouchements communautaires planifiés à Hay River depuis au moins 15 ans, les médecins de famille se trouvant dans l’incapacité d’offrir les services requis. Les membres de la collectivité étaient prêts à saisir la chance d’accoucher avec l’aide de sages-femmes à Hay River. Les sages-femmes ont donc travaillé fort pour améliorer les compétences et les connaissances des autres professionnels de la santé, afin qu’ils puissent à nouveau être à l’aise de les assister lors d’accouchements. Elles ont aussi animé des ateliers et ont enseigné les techniques de réanimation néonatale et de gestion des urgences obstétricales au personnel infirmier et aux médecins de Hay River.
Après sept ans de pratique à Hay River, et parce qu’elles n’étaient que deux à exercer cette profession dans la collectivité, Mme Heinrichs a décidé de prendre une pause de ce travail très prenant afin de s’engager pleinement dans le travail créatif de la réalisation de films. Ainsi, elle a cocréé le court-métrage nihtâkwikihew/She Gives Birth, dont le scénario suit une femme métisse enceinte qui se prépare à la naissance de son enfant et qui est confrontée au racisme du système de santé, avec comme trame de fond l’incroyable pouvoir des pratiques traditionnelles d’accouchement et le rêve d’établir des soins de santé portés par des Autochtones.
Mme Heinrichs a déménagé à Yellowknife, et en 2022, a rejoint l’équipe de sages-femmes de Yellowknife à temps partiel pour se donner le temps d’offrir un soutien prénatal et postnatal à Behchokǫ. Depuis, elle a occupé le poste de spécialiste territoriale de la profession de sage-femme, et en juillet 2024, a accepté d’être mutée au poste de gestionnaire territoriale des services de sage-femme. À ce titre, elle appuie les programmes pour sages-femmes à Fort Smith et à Hay River; dirige la création du poste de conseillère en lactation territoriale; facilite les présentations prénatales éducatives aux infirmiers en santé communautaire; et offre des formations dans le cadre des ateliers sur les compétences d’urgence de l’Association des sages-femmes des TNO et du Programme de réanimation néonatale. Mme Heinrichs travaille également aux côtés du conseiller principal en services de sages-femmes, au ministère de la Santé, sur la redéfinition de la profession de sage-femme aux TNO.